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Asie dans le rétro : Samuel Lee et Walaku

Numéro 93 – Gastronomie

 

C’est Lee qui est au piano. Le gars a paraît-il une bonne descente. Pour un Lee, normal. Toujours est-il que le natif de Hong Kong, autrefois aux manettes du Shang Palace de Whenzou, est le chef du Shang Palace. Le restau en sous-sol ne vous incite pas à vous taper sur les rouleaux, certes, et l’on se demande même si Christopher (Lee) saboulé en Fu-Manchu ne va pas radiner pour vous transformer en vapeur d’ha-kao ou de siu-mai. Eh bien non, comme dirait Marco Polo, c’est le miracolo. Entre les divins rouleaux de pâtés de tofu fumé et les rouleaux de poitrine de porc au concombre, c’est même la fiesta du dim-sun. On n’entonnera pas le Shang du départ, et les pinglots à la pékinoise, on se tapera pour suivre un super cochon de lait croustillant, des couteaux sautés à point, des nems de légumes tout à fait michtos et un pigeon qui roucoule encore. Si ce n’est pas Lee, c’est ma qui vous conduirai dans l’un des meilleurs asias de Paris. Maniez-vous le Tang, bande de kongs, le king du yang vous tend le yin !

Shang Palace, Shangri-La, 10 avenue d’Iéna, 75016 Paris, 01 53 67 19 92. Menus : 52 €, 98 €. Carte : 75 €.

Le restau nippon se blaze Walaku. A peine on pénètre dans ce petit dojo de la rue Rousselet (comme l’ancien boss de Canal) qu’on s’interroge le kaki : voilà qui ? Akiko ? Non, Walaku ! T’as mal où ? Ah, ah ! Chez Walaku, on se demande qui est qui. Aïda, une sacrée trompette, concocte un ragoût à vous tailler les baguettes. Avec le mochi, avec ou sans ito, on crépite du tataki quelque chose de wasabi. Si on choisit le dorayaki (blini aux haricots rouges), c’est le hara du quiqui. Et là, mon kuku, qui ou quoi, c’est le l’aki, on répète bessif : Walaku ! Bref, voilà qui, on se teste les kakous, toujours est-il que Walaku, entre maki et teiyaki, vous enchante le kuzu, voire le kuru (mais non, Ahmed, ne te fâche pas, il ne s’agit pas du koran). Bonne bourre, Toshiro !

Walaku, 33 rue Rousselet, 75007 Paris, 01 56 24 11 02. Carte : 40 €.

En garant ses tongs sous une table très Habitat de Saint-Germain des pieds, on en prend fissa plus avec le nez qu’avec une pelle : ça renaude comac le graillon. Et tout de suite le Bompard en prend un coup derrière la maille. Ce Korean Barbecue Grill très chic est réglé comme une carte à Puk – la Corée du Nord se dit « Puk Choson » en coréen. Il vous sonde sur votre propension à morganer du foie gras à l’hotteok revisité, des raviolis de poulet ou un barbecue de bœuf. Au KBG, da, da, kamarad, si t’as un cachemire sur la brochette, tu peux le refiler aussi sec chez Ki Slav Pa, le pressing qui puk et qui te parfume au dak kinchi (dans la colle). Bref, chez Puk, ça poque. Le service est approximatif et tout a le même goût. Sans compter que l’après-midi, au moment de la digestion, on a l’impression d’avoir le Pyongyang dans le saladier, atomisé par le disgracieux Kim Jang Un (comme Lapeyre, il n’y en a pas deux !). Une adresse à oublier.

KBG, Korean Barbecue Grill, 14 rue du Dragon, 75006 Paris, 01 45 44 72 82. Carte : 45 €.

On ne va pas épiloguer sur la Table du Vietnam, pourtant il faut le reconnaître, la daronne a du répondant côté amortisseurs : c’est la Mansfield de la baie d’Along. Dans une déco plutôt mochetingue, très Septième chiant, ambiance bœuf de Hué et tamarin, l’atmosphère est aillée à défaut d’être ailée. Bon point : la soupe Pho est aussi copieuse que délicieuse. On s’arrête là. Après, c’est la cata. Le crabe est mou, comme à Saïgon, les senteurs sont dures, comme à Hanoï. Tout est un peu trop relevé. Vous avez le ressort de calbar qui vire au rouge. Et quand la nibardeuse vous apporte l’addition, c’est le rouleau qui barre en quenouille. Avec un thé vert, histoire de fortifier Caius Prostatus, 60 Euros au compteur par tête, on a le chi cong au bord des lèvres ! Mieux vaut se remplir le bo bun au Canton, rue Gozlin !

La Table du Vietnam, 6 avenue Bosquet, 75007 Paris, 01 45 56 97 26. Menu : 41 €. Carte : 60 €.        

J.M.

 

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