Connect
En Haut

Astruc

C’était la belle époque. Le diesel polluait moins, les ministres de la culture aussi. Potiche Pellerin n’était pas encore née, Radio France n’était pas Radio Flanche. Alexandre Astruc avait commencé sa carrière avec un livre intitulé “Les Grandes vacances” qui, on vous rassure, n’avait rien de commun avec le navet éponyme de Jean Girault, interprété par Louis de Funès.

Astruc était copain avec Sartre et Vian. Il était journaliste (un vrai, pas comme maintenant) et s’apprêtait à devenir cinéaste. Né en 1923, il travaillait à Combat et vendait “La Cause du Peuple”. Il fréquentait Heidegger, Bachelard, Camus, Nimier, BB, Aragon, Clouzot, Visconti, Malraux, Blondin, Antonioni, Jean-Sol Partre… Des noms qui ne disent rien à Potiche Pellerin. Astruc avait un pedigree maousse. L’inventeur de la caméra-stylo, c’est lui. Le « tonton de la Nouvelle Vague », comme l’a dit Godard, c’est encore lui. Le réalisateur du “Rideau cramoisi”, des “Mauvaises rencontres” et d’“Une vie”, c’est toujours lui. Une figure. Une éminence.

Il s’inspirait de Balzac, de Flaubert, de Poe, de Maupassant. Des noms qui ne disent toujours rien à Potiche Pellerin. Aujourd’hui, avec la complicité de Noël Simsolo, Astruc se raconte dans le “Plaisir en toutes choses” (Éditions Neige). Il y a un côté Ophüls là-dedans. Alexandre a été tour à tour conquérant et bienheureux. Il faut le lire. Potiche Pellerin n’en saura rien.
F.C.

Plus d'informations dans Edito

  • Une idée de l’ enfer

    Numéro 86 – Edito En France, on aime jouer. On met beaucoup de politique dans la morale et peu de morale...

    François Cérésa6 juillet 2015
  • Sacré Lupin

    Numéro 85 – Edito Adrien, qui ne nous a pas encore fait ses mémoires, est un esthète. Il aime l’art. Il...

    François Cérésa11 juin 2015
  • Notre amie la rose

    On parle de french bashing. Il s’agit plutôt de french merding. Regardez Najat Vallaud-Belkacem. Aussi pertinente que l’inénarrable Fleur Pellerin (la...

    François Cérésa2 mai 2015
  • Alex

    À chaque fois qu’un livre de Dumas renaît de ses mousquetaires, on se met en garde. C’est bon. Un vent de...

    François Cérésa24 mars 2015
  • Jean-Luc Godard L’écaillé du cinéma

    Quand le père de la Nouvelle Vague et d’“À bout de souffle” inspire (bien ou mal ?) les romanciers. « Je suis...

    Emmanuelle de Boysson4 février 2015
  • Poivre

    Si la mélancolie est le bonheur d’être triste, alors Patrick Poivre d’Arvor connaît le bonheur. Ce qu’il appelle la “Nostalgie des...

    François Cérésa4 février 2015