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David Bowie

Après sa création au London & Victoria Albert Museum de Londres, la France accueille David Bowie Is.

Davantage qu’une exposition : un concert privé. Le soir du vernissage, où la foule n’en finit pas d’affluer, j’y retrouve Philippe Manœuvre, et Jérôme Soligny qui a rédigé les légendes. À la différence de la scénographie outre-Manche, les commissaires ont misé sur la musique, pour être en cohérence avec la Philarmonie créée par Jean Nouvel. Des écrans géants diffusent clips, extraits d’interviews, de films, “Top of the Pops” de l’artiste. “Life on Mars”, bien sûr. Moins attendu : “Rebel Rebel”. Comme si David Bowie en personne nous laissait pénétrer son intimité, de salle de projection en studio d’enregistrement, à la découverte de ses archives. Costumes, cut-up, notes, dessins, photographies, maquettes de tournées, manuscrits de chansons. La fulgurance d’un esprit. “Starman”, “Ziggy Stardust”, “Major Tom”, “Halloween Jack”, “The Thin White Duck”, “Hunky Dory” inspiré de Marlene Dietrich ou Greta Garbo. Philippe Manœuvre est émerveillé : « On a vu cinq millions de fois ces pièces à l’écran, les découvrir ici les rend réelles! ».

On poursuit. La découverte des croquis de Guy Peellaert à l’origine de la pochette de “Diamond Dogs” : le visage de Bowie prolonge un corps de chien, parties génitales sans tabou. Puis séquence “Low”. Époque Berlinoise. “Station to Station”. Moins turquoise. Mais la pop revient dans toute sa splendeur. Manœuvre s’exclame : « Cette exposition est l’une des 3 sur l’Olympe! Ce n’est pas seulement les coulisses de Bowie star de la pop, mais les influences qui ont révélé une pop nucléaire! ». À la fin, Bowie nous convie dans une pièce insonorisée. Après s’en être pris plein la vue, explosion dans les tympans. Il chante “Heroes”, l’une des plus belles chansons d’amour, lors de sa prestation à Berlin pendant les attentats de 1986. En résonance avec l’instabilité du monde. Bowie : alien résistant au chaos, en paillettes, en extra-terrestre, en femme, en homme, en comédien, en chanteur à la voix gorgée de chaleur. On repart avec son dernier vinyle bleu-blanc-rouge : “Heroes”, version frenchy. Just for one day #DavidBowieIsMe, you, us, together, everyone, everywhere. Lift Off.

I.K.

Jusqu’au 31 mai : http://davidbowieis.philharmoniedeparis.fr/

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