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Depardieu

On dit qu’il est nul, pochtron, gros comme un cochon, cochon comme tous les gros. On dit qu’il boit quatorze litres par jour, qu’il est copain avec Poutine, qu’il se fout de la France, qu’il refuse de payer 85 % d’impôts sur ce qu’il touche. On dit, comme Madame Filipetti, qui parle comme une lessiveuse, qu’il aurait mieux fait d’en rester au cinéma muet. On dit, comme Monsieur Ayrault, qui porte si mal son nom, que son départ a été minable. On dit que le colonel Chabert aurait honte de lui, que c’est un misérable riche comme Crésus, qu’il a les valseuses en berne, que sa péninsule est pire que celle de Cyrano. On dit aussi qu’il bouffe, qu’il pète, qu’il rote, et qu’il nous emmerde. Depardieu est un ogre majuscule, un Gargantua délicat, un Français sang pour sang, un saint Augustin qui se fout du fooding, du globish et des petits marquis qui pérorent dans les lieux branchés. Depardieu est un roman de cape et d’appétit. Un château plus que fort, un fort plus qu’un château. Richard Millet nous le restitue à plein gaz dans “Le corps politique de Gérard Depardieu” (Pierre-Guillaume de Roux). C’est très français. On prend.
F.C.

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