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LE FILM DU MOIS : “Foxcatcher” de Bennett Miller

La lutte n’a pas de classe. Ce sport est statique, ennuyeux, démodé. John Du Pont n’était pas de cet avis. Ce riche héritier (Du Pont, les Du Pont de Nemours) se passionne pour ces corps en sueur, ces maillots ridicules, ces grognements disgracieux. Sa mère, depuis sa chaise roulante, lève les yeux au ciel. C’est Vanessa Redgrave : elle fait ça très bien. Le milliardaire a recruté un champion pour entrainer sa propre équipe en prévision des Jeux Olympiques. Steve Carell, avec une prothèse nasale, incarne ce fils de famille vaguement dégénéré, inquiétant, capricieux, capable de la générosité la plus incroyable et de la pire mesquinerie. Dans la propriété, règnent l’ordre et le silence. La mère élève des chevaux. Elle trouve qu’ils ont plus d’allure que ces athlètes moulés dans du nylon. Lorsqu’elle meurt, le dadais pète les plombs. II y aura des morts. Le film est étrange, d’une sorte de gris pas désagréable, avec quelque chose de kafkaïen. Des hommes s’étreignent sur un tapis de sol. Un rejeton mal foutu, au physique un peu mou, les observe, les envie. Voilà. Miller, à qui l’on doit l’impressionnant “Capote”, tourne autour d’une énigme. Fitzgerald avait raison : les riches sont différents. Cette différence a parfois de quoi faire peur. Les riches sont seuls. Les riches sont bizarres. Ils sont même capables de trouver un attrait à un acteur aussi inexpressif que Channing Tatum. “Foxcatcher” dérange. Comme son héros, le film échappe aux définitions. Cela donne le vertige.
E.N.

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