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Le film du mois : “Hippocrate” de Thomas Lilti

Ce mois-ci, on enfile une blouse blanche. Direction l’hôpital. Benjamin, petit frisé brun aux yeux innocents, y effectue son stage d’internat. Son père est le patron du service. Cela constitue à la fois une chance et une malédiction. Le ponte est toujours un peu absent. Il ne veut pas favoriser sa progéniture. Les autres regardent le nouveau avec soupçon. Le sourire qu’ils ont lorsqu’il leur demande quelque chose ! Le métier rentre. Le bizuth est de garde la nuit. Un type bourré débarque. Le lendemain, on le retrouve mort dans son lit. Est-ce qu’on lui a bien fait une radio ? Benjamin assure que oui, mais aucune trace sur les documents. Il est en train de se passer un truc bizarre dans le cinéma français. Il y a eu “Les combattants” avec son héroïne qui veut s’engager dans l’armée de terre. Voici “Hippocrate” et son personnage qui découvre les affres d’une vocation.

Pour son deuxième essai derrière la caméra, Thomas Lilti décrit les méandres de l’administration, les jalousies entre collègues, les doutes, la responsabilité parfois écrasante. Son film devrait être remboursé par la sécurité sociale. On y voit Vincent Lacoste mimer des mouvements de tai-chi dans les couloirs, rater une ponction dans la moelle épinière, être bouche bée devant ce visiteur qui lui avoue boire quarante bières par jour. La surprise ne durera pas. Dans le réfectoire, les fêtes sont sérieusement arrosées. Les fresques murales sont éloquentes : le professeur y est affublé de solides attributs virils. Papa ! Et défense de parler des patients pendant les repas. Une roue de loterie désigne le gage pour la victime. Personnellement, on aimerait tomber malade rien que pour être soigné par Marianne Denicourt. Avec ses lunettes et son stéthoscope, elle donne envie de creuser le déficit de l’assistance publique. C’est grave, docteur ?
E.N.

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