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Le film du mois : “Maps to the stars” de David Cronenberg

Hollywood, mode d’emploi.

Les actrices vieillissantes se confessent à leur masseuse. Les gourous font la loi. Les stars de treize ans sortent de désintoxication et ont des hallucinations. Résumons : Julianne Moore a des problèmes de constipation, John Cusak a rencontré le dalaï-lama, leur fils tire sur un chien par mégarde, leur fille ressurgit de nulle part, avec des traces de brûlures sur le cou. Bienvenue en Californie. “Sunset Boulevard” a du plomb dans l’aile. Les chauffeurs de limousine rêvent tous de devenir comédiens. Les mères piquent les petits amis de leur progéniture. Les adolescents dorés voient des morts partout, à la télévision, dans les toilettes, au fond de la piscine. Cronenberg trouve un décor à sa mesure, ricane derrière sa caméra, patauge avec délectation dans un univers torve et factice.

S’il frôle parfois le ridicule, il n’y tombe jamais tout à fait. Travail d’équilibriste. Un pas de plus, et on se retrouve dans “The Canyons”, navet supersonique de Paul Shrader écrit par un Brett Easton Ellis gâtifiant. Ces gens sont tordus. Le moyen de faire autrement quand on vous propose de jouer le rôle de votre propre mère qui avait abusé de vous dans votre jeunesse ? Dans ces contrées, une dose d’inceste n’est jamais déconseillée. On voit le genre. Pas un pour racheter l’autre. Cronenberg filme ces zombies dans une lumière d’armoire frigorifique. La température est estivale, mais les âmes sont congelées. Gare aux rousses pyromanes qui récitent des poèmes d’Eluard sous le ciel de Los Angeles. Cinéma, j’écris ton nom. Apparemment, en lettres de sang.
E.N.

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