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Le film du mois : « The Grand Budapest Hotel » de Wes Anderson

Des cris de joie résonnent sur les trottoirs. Des gens de 7 à 77 ans se pressent dans les salles de cinéma, en sortent avec des sourires ravis, abordent les passants pour leur communiquer leur enthousiasme. Le nouveau Wes Anderson est arrivé. Il s’agit d’un cadeau. Il est du reste emballé dans du papier de toutes les couleurs. C’est un gros gâteau en forme d’hôtel perdu dans les montagnes d’Europe Centrale. Bienvenue dans ce palace de l’entre-deux-guerres. Un écrivain en raconte l’histoire grâce à une voix-off pleine d’ironie et à des chapitres embaumant le second degré. Le concierge avait pour habitude de coucher avec les vieilles clientes. Cela lui permit de bénéficier d’un héritage contesté. La famille ne l’entend pas de cette oreille. Où est passé ce tableau de la Renaissance représentant un garçon à la pomme ?

Il y a des trains et des ascenseurs, des pistes de ski et des téléphériques. Cela caracole comme une aventure de Tintin. On y trouve la même fausse naïveté. Il y règne une fantaisie de tous les instants. Tout cela bourré de poésie à la Marcel Aymé, bourré de références et de clins d’œil. On s’en pourlèche comme de ces pâtisseries viennoises dont raffolent les personnages. Aucun acteur du moment ne manque à l’appel. Ralph Fiennes fait le gigolo moustachu. Tilda Swinton est une riche octogénaire. Willem Dafoe est un tueur plus Nosferatu que jamais. Harvey Keitel a des tatouages partout. Léa Seydoux apparaît en soubrette. Le rôle de l’avocat revient à un Jeff Goldblum barbichu. Le cinéma est un jouet. Il faut absolument réserver une chambre dans cet établissement qui ne figure sur aucune carte. Le film, quatre étoiles, aurait plu à Alexandre Vialatte. Dans cet article, c’est pire qu’en Corse : on fait voter les morts.
E.N.

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