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Le film du mois: “ The Revenant ” de Alejandro Gonzales Inarritu

Numéro 92 – Cinéma

 

Il y a dans “ The Revenant ” une méthode astucieuse pour lutter contre la crise du logement. Surtout en hiver. Prenez la dépouille d’un cheval fraichement mort. A l’aide d’un  couteau, pratiquez une incision dans le ventre de l’animal. Videz-le de ses viscères. Déshabillez-vous et glissez-vous à l’intérieur de la carcasse. Dormez bien. La scène est étonnante. Ça n’est pas la seule. L’agression par le grizzly n’est pas mal non plus. Quel boulot d’être trappeur, dans les années 1820. Le Missouri est à moitié gelé. Des Indiens vous attaquent. Un traître tue votre fils sous vos yeux. Vous êtes laissé pour mort. Vos blessures sont terribles. Vous êtes Leonardo DiCaprio : vous vous en sortez. Le film sidère d’ampleur et de beauté.

Qu’on imagine “Jeremiah Johnson” tourné par Terrence Malick. Cieux menaçants, nature omniprésente, les images se contemplent avec béatitude. Cette histoire de vengeance prend son temps, avance par étapes. Par certains côtés, il s’agit d’un traité de survie en milieu hostile. On y apprend comment cautériser une plaie avec un tison. Pour se nourrir, attraper un poisson dans la rivière et l’avaler cru (le bio ne date donc pas d’hier). La sauvagerie n’empêche pas une certaine morale. Le héros sauve une squaw en train de se faire violer. Dans ses rêves apparaît sa femme qui a été assassinée. Inarritu alterne métaphysique et manuel des Castors Juniors. Le mélange est subtil. Il échappe au ridicule. Il paraît qu’une pluie d’oscars va s’abattre sur ce long métrage. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

E.N.

 

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