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Le nanar du mois : « Barbecue » d’ Eric Lavaine

Une bande de copains qui se retrouve régulièrement, ça peut donner “Vincent, François Paul et les autres” de Claude Sautet ou “Les bronzés font du ski” de Patrice Leconte. “Barbecue” ne nourrit certes pas d’aussi hautes ambitions. Visiblement, le succès convoité par cette comédie de mœurs collégiale est plutôt celui du “Cœur des hommes” de Marc Esposito dont les trois volets ont éveillé des vocations chez certains marchands du temple soucieux de donner quelques couleurs à la morosité ambiante en utilisant la panacée à la mode : le « Feel Good Movie », autrement dit le film qui fait du bien. Dommage que celui d’Éric Lavaine n’affiche que les défauts de ses qualités et se contente de caresser dans le sens du poil cette fameuse France profonde dont tous les producteurs convoitent les faveurs.

Le prétexte est ici battu et rebattu, les quotas respectés : “Barbecue” est un échantillonnage pour institut de sondages qui fantasme sur une société dans laquelle les mécanos passent leurs vacances avec des cadres, où les couples divorcés se rabibochent et où l’on peut faire fortune. Un quinquagénaire victime d’un infarctus décide de ne plus passer sur les petits travers de ses amis. Vaste programme pour ce jeu de la vérité au rabais qui s’époumone à donner un semblant d’âme à un catalogue d’idées reçues et de lieux communs. Mais la gentillesse n’est pas vraiment de mise quand on s’attaque à un tel sujet. Inutile de préciser que les relations humaines sont rien moins qu’artificielles et qu’Éric Lavaine se contente de filmer des acteurs connus en train de débiter des niaiseries.

Comment compatir aux émois de ce “Vol au-dessus de cons-cons” où chacun est prié de radoter son numéro, mais où personne ne force son talent ? Pas difficile de comprendre ce qui a bien pu attirer Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti, Guillaume de Tonquedec, Lionel Abelanski, Jérôme Commandeur et même Sophie Duez dans ce projet inepte : c’est la perspective de pouvoir acquitter leur devoir fiscal sans excès de zèle. Qu’importe que le film marche ou pas, il est déjà amorti par l’implication de la télévision dans ce produit de consommation calibré pour le Prime Time. En revanche, côté cinéma, on est au degré zéro de l’écriture. Bienvenue chez les beaufs !
J.-P. G.

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