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Michel Houellebecq Un Bush de Noël !

L’écrivain un peu mollasson rate son train : son futur est déjà notre présent.

On nous avait pourtant avertis : la prochaine fois que le fascisme reviendra, ce sera sous le masque de l’antifascisme. Mais les Français préféraient les discours sirupeux d’Obama au Caire sur la convergence des religions à la guerre contre les islamistes menées par W.Bush. Il faut les comprendre : ils sont volontiers couards et, de surcroît, ne savent pas l’arabe. Comme me l’a clairement expliqué mon ami Aldo Sterone (ne ratez pas ses vidéos sur YouTube : elles sont plus pertinentes que n’importe quelle analyse politique), quand un arabopho-musulman parle dans sa langue, c’est exactement le contraire de ce qu’il dit en français. Et j’ai encore en mémoire ce que m’expliquait ce prince qatari au bar du Lausanne-Palace : nous investissions dans le califat islamique, car un jour ou l’autre il sera vainqueur, surtout en France où votre système immunitaire est au degré zéro. Un essayiste en avait conscience et avait jeté le trouble dans les consciences : Éric Zemmour, plus malin et plus lucide que Sartre en son temps. Puis, sur le même thème est arrivé un romancier populaire légèrement surfait et gravement diminué avec son roman : “Soumission”. Il a fait ce qu’il a pu, mais il ne peut plus grand-chose, sinon esquisser quelques pas de danse en grimaçant avant de s’écrouler. Cela tombe bien : le thème de son roman, souvent caustique, est celui d’intellectuels, de journalistes, de professeurs qui, à bout de force, épousent une nouvelle forme de fascisme, ni rouge, ni brun, mais vert… et dans une version soft, soutenue par la gauche et le centre. Après tout, ils ont peut-être des idées pour sauver la France du marasme. Et on peut être musulman sans être extrémiste.

Alors pourquoi pas ? Et nous croyons, de moins en moins certes, mais encore un peu au multiculturalisme et aux hommes de bonne volonté. Bref, à travers l’indifférence un peu lâche d’un professeur d’université, spécialiste d’Huysmans, on assiste à la mise en place d’un pouvoir musulman que sans doute une majorité de Français souhaitaient. De toute manière, ils n’avaient plus les moyens de s’offrir autre chose, d’autant plus que les Chinois et les Indiens avaient perdu toute confiance dans ce peuple qui n’avait plus qu’une obsession : travailler le moins possible. Au moins, avec l’Islam, on ne risquait pas trop de ce côté… pour le moment tout au moins. L’ennui avec Houellebecq, aussi paresseux qu’un Français peut l’être, c’est que son roman d’une ironie souvent jouissive semble déjà terriblement daté. Son électroencéphalogramme est plat : il conviendra à tous les publics, même aux antifascistes. En fait, il réussit le tour de force, à partir d’un sujet clivant, de recréer du lien social. C’est ce qui se produit souvent quand on arrive après la bataille. Ou quand Huysmans et l’alcool ont un peu trop embrumé votre esprit et paralysé vos dons. Mais on se réjouira quand même qu’avec beaucoup de retard sur les Américains, les thèses de Huntington sur les guerres de civilisation soient maintenant au chevet de tous les Français. Ne reste plus qu’à réhabiliter Pinochet et W. Bush !
R.J.

Soumission, de Michel Houellebecq, Flammarion, 300 p., 21 €.

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