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On m’appelle Garance

Numéro 59 – Gastronomie

 

Endroit maudit que ce 34 rue Saint-Dominique, où chaque daron, à force de vouloir dégazer le biniou, s’est planté sur les grandes largeurs, le dernier en date étant Domic, un blaze à vous atomiser le spoutnik. Voici donc Garance, enfant du paradis, Arletty en pleine tartine, dis-donc l’artiste, c’est quoi cet agneau, un filet de souris ou quoi ?

Le fait est que les deux Guillaume, Muller et Iskandar, l’un en salle, l’autre au piano, bossent au millimètre, voire au micron, histoire de caler l’estom’ d’un puceron. Et, au passage, de taxer le riflard au morlingue. Le céleri, lard, échalotes et moelle, le magret fumé et chips de betterave, le pigeon, les ravioles de pied de porc, le lieu jaune, la poitrine de porc confite, tout est leaubiche, exquis, bien présenté, goûteux un max. Okay des brumes. Sauf que raquer 80 euros par tête et se coller dans le poêle à charbon une pelletée de zef déglacée au courant d’air, ça vous aquige le sorbet citron. On a le cassis qui monte en température. Et je ne parle pas du tambour. Bref, les deux Guillaume, plus conquis que conquérants, élèves de Passard, s’astiquent au fooding façon microscopique, et nous, les baltringues, on ne reluit pas bézef. Les flacons, eux, qu’importe l’Everest, sont à des altitudes de trois macarons. Alors calmos, les Guigui. On aimerait bectaresse à sa faim. Est-ce encore possible à Paris?

Garance, 34 rue Saint-Dominique, 75007 Paris. 01 45 55 27 56. Carte : 80 à 90 euros.

 

Direction sud-ouest de Paris en plein bois de Meudon, chef-lieu de canton des Hauts-de-Seine, où créchèrent Ronsard, Rabelais, Manet et Céline, pour amerrir dans la Mare aux canards, coin, coin, pas de mare et aucun palmipède, sinon dans la cheminée de l’estanco, moyenâgeuse, avec broches, flammes et lèchefrites. Pour un peu, on s’imaginerait chevalier de Neuville dans « Le miracle des loulous », attendu que les loulous, ici, façon Las Vegas, lampions et ritournelles, casquent d’or et parasitent les tommettes. Trèpe insensé. On se bouscule pour tortorer volailles, frites, petits pois (dégueus) et s’en mettre plein la lampe à halogène. Le ½ poulet est à 19,90 euros et le ½ canard à 31 euros. C’est du comac.

On peut choisir en entrée un gratin d’andouillette au chaource, le genre de truc qui vous télexe des triglycérides jusque dans le blanc des quinquets. C’est forcément inégal. Tout ce qui est légume vert sent la boîte, contrairement aux frites qui croustillent, au foie gras (deux tranches pour 12 euros) qui enchante. Les vins, eux, sont blèchards, sauf si on mélange un demi de Ramage la Bâtisse et un demi de Madiran ! Les desserts à l’américaine ne valent pas tripette. Moralité : si on veut se dégraisser la boîte à outils avec pépère ou mémère, c’est douceur.

La mare aux canards, route de la Mare Adam, Meudon 92360. 01 46 32 07 16. Carte : 45 euros.

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