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Pas de tapas pour la Bourgogne !

Pour qui aime la barbaque XXL, dans la droite ligne du regretté Ducloux à Tournus, l’Hôtel de la Poste à Charolles est la taverne de tous les Ali Babas aux quarante valeurs (dont le goût, la subtilité, l’authenticité, etc.). Cuite au beurre dans un plat en fonte et servie encore grésillante, l’entrecôte de 400gr rapplique en sifflotant, laissant entendre une musique qui nous rappelle Manuel de Falla dans les jardins d’Espagne. On pense au professeur Doucet et à ses papilles multiples qui enchantent la flûte à un trou, et là, véridique, c’est la nuit dans un jardin de l’Arconce, avec corgnolon en nœud pap’ et balthazar au roi mage ! Fier d’un macaron, le jeune chef, Frédéric Doucet, aime le classique revisité. On hume l’influence du vieux Paulo, le Bocuse au chaud avec blanquette de jarrets de grenouille et foie gras aux cèpes fumés. C’est goûteux, copieux, bien exécuté. Forcément, Juliette moutonne du bonnet à poils, et Jules aboule du salsifis. Pour se tartiner l’idéal, façon standard, eau froide et eau chaude, en bordure de rivière, avec mazout à volonté et rêves de brouille-ménage dans la cave à tutu, on peut zoner chez Doucet. La petite Venise charolaise prend alors tout son persillé. On gobe.
Hôtel de la Poste, 2 avenue de la Libération, 71120 Charolles, 03 85 84 11 32. Menus : 57 et 83 euros. Carte : 80 euros.

Entre deux virées bourguignonnes, l’une en Bourgogne, l’autre à Paris, on a posé un moment ses zapatos chez Tourrette, en face du très surestimé musée Maillol, chez un ancien bougnat, et là, avec les loquedus locaux, on a pique-niqué à la bonne franquette sur des sièges de tracteur, histoire de se décrotter le béret à la sardine, à la tomate au thon, au fromage de brebis, au riz noir aux calamars (pas mauvais) et à la charcuterie ibérique. Malheureusement, la muchacha qui officie vous assaisonne de haut. Elle a des tics incontrôlables, genre syndrome Gilles de la Tourette. La cabeza comme oune mélone, elle se prend pour Ava Gardner dans “La maja nue”, alors que manque de bol, c’est plutôt Ava Bellota dans “File-moi une tranche, Paco”. Le petit truc du prétentieux qui a toutes les audaces, on connaît, c’est comme le décolleté prometteur qui se termine en gant de toilette. Madre de Dios, ça la fout mal, chico ! Du coup, on se braque et on se dit : « Ola Manolo, qu’est-ce qu’on est vénou faire dans cé maudit trouc de jamon qui té ramollit lé caleçone ? » Moralité : à cause d’oune disgracieuse, adios aux tortillas et poulpes à la galliciana, on met les adjas en se promettant dé né plous rémettre lé zapatos dans cette cambuse dé glandus. Aïe, aïe, aïe !
Tourette, 72 rue de Grenelle, 75007 Paris, 01 45 44 16 05. Carte : 70 euros.

Après la Bourgogne de Doucet, c’est douceur de laisser infuser le fromage de tête chez Francis le persillé dans ce qui fut l’antre de la mère Larcier, la dame Tartine de la gastro, avec déco IIIe République et kils qui défilent. Aussi, peinardos, à côté d’un Rambaud qui ne joue pas les Rocky, se fade-t-on un bon vitriol de Beaune, un foie bono bézef, un homard plus breton que bourguignon, des escargots comme des bignes de taureau, et la mousse super maousse. Olé ! C’est bueno, copioso, très câlin pour l’œuf dur. Obligado, on a le tricotin, vu que le bœuf bourguignon est dans le coin, et que l’entrecôte béarnaise ne va pas tarder. On se dit que ce Francis a de la saucisse, qu’il aurait pu se mitonner une carrière de Braudel, vu qu’il était historien, mais qu’il a bien négocié le frichti, bravo mon titi !
Les Crus de Bourgogne, 3 rue Bachaumont, 75002 Paris, 01 42 33 48 24. Carte: 60 euros.

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