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Têtes couronnées à la page

Un album très princes-fesses pour les 70 ans de Point de Vue – Images du monde.

« Mieux vaut regarder le ciel qu’y être », disait Truman Capote, grande concierge devant l’Éternel qui se régalait des indiscrétions du tout-Manhattan. C’est un peu le point de vue universel. Toutes les sardines à l’huile observent intriguées les allées et venues des homards Thermidor de la haute. Non qu’il leur arrive tant de choses : à Buckingham, la tragédie, c’est quand ils se cassent un ongle. Dire que leurs ancêtres semaient la terreur dans les campagnes. On n’en est plus là. Les Huns se sont transformés en huissiers dont ils ont le maintien. Quand un souffle de vie les anime, c’est pour un instant. Heureusement que la divine Diana est passée par là. On peut dire qu’elle a imposé de violentes embardées à la conduite des Windsor. Grâce à elle, on s’est aperçu que, même installés au firmament comme de gros chats dans leur panier, ils demeuraient sexy. Sous la façade « Tuileries », on trouvait Mykonos. Du coup, comme autrefois, on a recueilli leurs confidences comme une feuille boit la rosée. En ces matières, l’ironie ne décoiffe pas plus que le souffle d’un éventail mais que de beaux décors et d’émoustillants « prince-fesses ».

Depuis 70 ans, “Point de Vue” en fait son miel. Dans le gotha, à part l’Évangile et le Bottin mondain, rien n’inspire plus le respect que ce magazine. Leur album-souvenir scintille : des diadèmes qui brillent dans le noir, des traînes longues comme la Loire, des diamants gros comme le Louvre et des bals, des bals, des bals pour mariages, naissances, baptêmes… Chaque semaine, comme dans un rêve, amour, gloire et sang bleu sont au sommaire. Pourtant, à sa création, à la Libération, l’idée était d’en faire un “Life” à la française. Tenez-vous bien : les 37 premiers éditos furent signés Raymond Aron. On n’en est plus là même si la politique est de retour : c’est « Point de vue » qui a montré le premier la liaison entre Carla Bruni et son président. Avec Zizi Rider actuellement à l’Élysée, cela risque de durer même si ces galipettes n’éclipseront jamais l’éclat des dorures qui ont accompagné depuis si longtemps nos vraies héroïnes, Fabiola, Farah, Elisabeth, Caroline et les autres. Paillettes et capelines, clips et aigrettes, voilettes et mantilles, c’est trop beau pour être vrai. Et ça l’est.
G.-M.C.

Point de vue-Trésors d’Archives, de Nathalie Lourau et Raphaël Morata, Le Chêne, 224 p., 45 €.
À lire aussi :
Le sceptre et le sang, rois et reines dans la tourmente des deux guerres mondiales, de Jean des Cars, Perrin, 474 p., 23 €.

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