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Autant en emporte le Vong

Autant en emporte le Vong

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Il suffit d’être un Clark Gable rebaptisé Tchoum (à vos souhaits !) pour débarouler chez Vong, le restau dim sun par excellence, un tantinet ringue, avec ses feuillages à la noix au cœur des Halles, et c’est parti dans le style « Autant en emporte le Vong » ! Si on dégauchit la niaque idéale, sosie de Suzy Wong ou de Scarlett O’Hara en tong, on tient la bonne gâche, attendu qu’on peut s’envoyer dans le Mékong un filet de bœuf à la széchuanaise, un rouleau en string de menthe, des crevettes au soutif à l’impériale, un poulet de Bresse qui ne vous fera sûrement pas prendre pour le con de la rivière Kwaï. Tout ça bono bezef. Gros blème, chez Vong, c’est tellement ennuyeux, convenu, sinistros, qu’on se prend le chinois par la natte. Eh oui, mon vieux Tchoum, remue-toi la muraille, on s’entortille le pinyin dans les agobilles, bicause l’estanco, un coup dans le yin, un coup dans le yang, a du Vong dans les voiles. It’s boaring, les Boxers ! On attend du ramdan dans les nems, du kung fu dans le chou chinois ! Ravalement obligatoire ! Surtout, mon cher Tchoum, que tu largues quand même un bon paquet de yuans dans la tirelire à Bouddha !
Chez Vong, 10 rue de la Grande-Truanderie, 75001 Paris. 01 40 26 09 36. Carte : 60 €.

Définition du mot « affable » : « qui accueille et écoute de bonne grâce ceux qui s’adressent à lui ». L’Affable, c’est le blaze du restau. Pour le grisbi, comme dirait Simonin, dont on réédite chez Folio l’emblématique “Touchez pas au grisbi”, l’Affable n’a rien d’affable. On vous cartonne le morlingue quelque chose de sévère. D’autant qu’il faut bien en convenir, côté quantité, c’est balpeau dans l’écuelle, un ris de veau haut comme trois pines à genoux, un cabillaud de la famille des ablettes, un carpaccio de saint-jacques découpé au laser, un velouté de potiron qui tiendrait dans un dé à coudre. Autant le dire tout de suite, on sortant de l’Affable, on a les ratiches comme des rapières, on fonce au bistrot du coin pour se fader un jambon beurre. Tout ça, avec un gigondas trop cher lui aussi, participe de l’enfumage. On nous assimile à des bobos des quartiers chics, genre hipster, pleins aux as et cons comme la lune. Bon, d’accordo, le brouet est misto, mais le chizbroc dans le crapaud, à raison de 170 Euros pour deux, ça vous fait coasser, mes grenouilles !
L’Affable, 10 rue Saint-Simon, 75007 Paris. 01 42 22 01 60. Carte : 85 €.

Vas-y Zorbec, tu tiens le bon gras, va te faire épaissir chez les Grecs ! Voilà ce que me disait encore l’autre soir mon pote Nikos, pas une Chypre molle, mais un gars du Pirée qui n’a rien d’Aliagas, et encore moins d’Adidas. Un hoplite très volos, calamata sur les bords, qui aime se remplir le sirtaki chez Mavrommatis, notamment avec l’houmous (sexuel), histoire de se caler le tiroir à poulet. Devant la diversité, on a la banane, on démoule un fish cake, le tuyau à gaz en alerte, prêt à sauter sur une feuille de câprier de Chypre comme un djihadiste sur un Kurde d’Irak. Excusez la comparaison, mais actualité oblige, d’autant que la purée d’aubergine à l’ail et le mille-feuille de tomates au basilic vous filent une haleine de chien du désert pas piquée des babouches. Pour la gamelle à mamie, après l’halloumi (un coulant qui a du nez), zobi mon Nikos, tu pourras te carrer le cerkos dans l’Acropole, vu que les drosophiles survivent mal à l’attaque de la couche d’ozone. Bref, si tu as le sourire Anthony Quinn et le regard Papas, fonce rue Dubanton, tu seras tarama comme Duranton !
Mavrommatis, 42 rue Dubanton, 75005 Paris. 01 43 31 17 17. Carte : 60 €.

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