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Des samourais en Bourgogne, olé !

Des samourais en Bourgogne, olé !

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Il faut le faire. Se pointer au fin fond de la Bourgogne viticole, se prendre une prune pour excès de vitesse, rêver de buter deux ou trois fonctionnaires de police, tout ça pour se retrouver au Charlemagne à Pernand Vergelesses dans un lieu japonisant où Kenzo himself frétillerait du kimono, croyez-moi, c’est baroque. Le truc du Charlemagne, un brin corton, c’est la pénombre. En deux mots, le bambou du samouraï. On se gratine sur une patte, histoire d’attaquer les AB, et voilà qu’on se colchique un mélange improbable de yuzu à la noix et de jus phénoménologiques. Pardon ? Obligado le doute plein de coltar s’immisce dans le sorbet citron. Pas de traczir, chers samouraïs du tiroir à Salzbourg, les amuse-gueules démontrent qu’il faut être maso pour se tartir une miso, et complètement noc pour se farcir du nô ! Nous, du No, on ne connaît que le docteur. Mais là, sous la soupente du Charlemagne qui se fait gonfler chez Michelin pour avoir de la peau de nœud à la une, on dit banco en goûtant le foie gras chaud au sashimi de thon et sa sauce crémeuse. Les papilles béquillent. Et tout ce qui défile ensuite, poiscaille en tête, dans le menu Rencontres à 77 euros, c’est du sémillant, de l’insolite, du berlingue gastronomique, un jeu permanent entre le calcif et l’inattendu, le pigeon et l’omble chevalier, les épices et le verre de lampe. On l’avoue tout de go (hé, hé), c’est équilibré, mailloche et goûteux, ça nous garnit comac la bonnetière, d’autant que le Pernand Vergelesses 2007 de chez Laleure-Piot nous en a mis un coup sérieux derrière la tirelire. Il est alors temps de quitter cette déco modeuse qui ferait mentir un socialo riche comme Cahuzac et aller mettre la barbaque dans le torchif.

Le Charlemagne, Route des Vergelesses, 21420 Pernand Vergelesses. 03 80 21 51 45. Carte : 100 euros.

 

On vous l’affirme sans arrière-pensée, good shot pour le Goust et KF, un intitulé à la mords-moi-le-sgegos, certes, ouvert par Enrico Bernardo, le meilleur sommelier du monde qui vous envape le morlingue à Il Vino, un restau travaillé à la tétragone, mais où la tortore est coruscante, un tantinet sartrienne, grâce à un Ibérique qui flamencote sur l’existentiel, avec notamment un calamar rôti de première pogne, un œuf à la truffe superbement badour, sans compter le canneton rôti, rosé à point, juteux, beau comme un zarf, qui, longtemps après l’ingestion, vous fait phosphorer du pick-up, attendu que vous avez effacé un Juvéniles, un Australien aussi bien gaulé que Lleyton Hewitt, rififi de la grenache, une chouille Syrah, qui incite forcément à la chizbroc ! Ola les zozos, vous avez remarqué la phrase, c’est presque du Prout, trois bandes dans la glissière, on se démanche ! Mais pour en revenir au Goust et KF, pas nouille dans la gamelle, mais plutôt dans la déco (encore ce gris merdique à la mode digne de Liaigre !), on catapulte plein macadam, bignes en avant, comme le Charlemagne, c’est du Clovis, un bon coup dans le Soissons ! Olé !

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Goust et KF, 10 rue Volney, 75002 Paris. 01 40 15 20 30. Carte : 100 euros.

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