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Du bobo tong au big bang du Hu

Du bobo tong au big bang du Hu

fourchette

C’est peut-être le blaze du restau, mais non, on ne vous le chipe pas, il est bien à vouzailles, ce “Verre Volé”, rade cradingo en plein Boboland, près du canal Saint-Martin et de l’Amicale garibaldienne des ritals de Parigi. Icicaille, à l’aise Blaise, on les borgnote toutes ces racines carrées de loquedus cool, barbenzingues ou fradouillons, recrutés chez Ikéa ou chez Tonton, dégaine haddock en salade ou pluma iberica panée panko. Ils ont l’air essoré, baltringue, hagard, sans le sou, inscrit au RSA, et ils te claquent soixante cigues by tête en se lavant les nougats, like that, sans souçaille, en jactant franglais, histoire de morganer une ceviche de mulet noir à la betterave, des couteaux d’Écosse gros comme des bâtards, du boudin, du paleron, un ragoût de seiche à la basquaise, une sole comaque, un poulet fermier, une escabèche de cervelle d’agneau à en perdre ses tongs, le tout sous des litres de Ventoux. Ils sont comme nous, ils aiment ces Basques volants d’Hossegor et de Biarritz, ces cuistots façon Jégo qui vous bichonnent la souris, vous servent un bricheton michto, en direct de la “Pointe du Grouin” du lartonnier Thierry Breton, (8 rue de Belzunce, 75010 Paris), et des rouilles triées sur le casier, propres à beurrer le Hollande, ce petit Lu qui critiquait Sarko au Fouquet’s, mais qui s’arsouillait chez Laurent à 200 euros par personne. Normal, non ?

Le Verre volé, 67 rue de Lancry, 75 010 Paris. 01 48 03 17 34. Carte : 40 euros.

Quand tu déboules chez “Taokan”, honorable cul d’ail, ce n’est ni le Lotus bleu ni le Chinetoque d’Indiana Jones dans le temple maudit, mais un truc impec, style “Lily Wang”, new wave, avec nana cruelle prête à te grailler les baguettes, jeune premier un peu baba à l’accueil qui vient d’obtenir le premier accessit des tronches souriantes du Prix des Trois bonheurs, asias bridarès au sourire Lao Tseu, déco chébran qui te décalque les agobilles. Bref, le nec. Le résultat est donc leaubé, on est aux oignes, ou plutôt à l’ail, vu que les plats sont étudiés pour décrasser les artères, le fignard et le système électrique de la Saunier Duval. La torpille, ici, ne bitume pas, elle se fade le bouillon aux raviolis, léger comme une perle, le poulet croustillant, puis l’excellent bœuf du Vietnam, un truc à point qui satisfait le Louis-Philippe, certes, mais qui coupe la chique à quinze pas, chez les Ming ou chez les Zhou, yes my dear, attendu que tu emboucanes le choc corridor à cent lieues à la ronde, quelque chose de Tse Toung. C’est donc le Mao, on refoule de la grand-mère, on casse du fusil, on fouette du vestiaire. Dieu merci, le thé vert est là pour le grand bond en avant, la cure de Feng, le toc qui chine, le big bang du trou du Hu, le Yao qui déglingue Prostatus. Merci Polo, c’est du Marco. On se régale le Shangai, le bobun et le xinh xinh ! Youpi !

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Taokan, 8 rue du Sabot, 75 006 Paris. 01 42 84 18 36. Carte : 50 euros.

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