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Hue, popote !

Hue, popote !

fourchette

Rue lauriston, où l’on disait jadis avec l’accent de papa Schultz : « ch’ai lé moyens dé fous vaire parler ! », un p’tit gars nommé Akrame s’est valousé icicaille, tout peinard, souriant, la tirelire sous le bada, fort de son expérience chez Gagnaire et Adria, pour exercer une cuistance free-style avec ses trends et son fooding. Vous voyez un peu the language. Il y a de quoi subodorer la vape. Il faut dire que tous les globos de la presse, rincés jusqu’à la gauche, se sont pointaresse dans l’estanco le becton enfarinaze, afin de plébisciter le quasi de veau cuit au charbon (histoire de se remplir les houilles), le turbot cuit à la vapeur de noyaux de cerise (et les queues ?), un bouillon de crevette (glups !), un sandre sur des haricots verts ramassés à la main (de ma sœur ?), de la mousse de gin-fizz (hips !), du papier végétal à l’anguille fumée (sur presse Cameron dans les ateliers de Saint-Amand-Montrond ?)… N’en jetez plus, bonnes billes, on nous prend pour des agates ! Le truc moléculaire un brin béchamel, tout à fait piaf, qui est censé nous dégripper le bec verseur, on s’en talque les babouches. C’est la mode actuelle, le bord de mer dans le désert, le potiron qui se fend la courge, la déco femmes tatouées, le gris, le noir, le caca Formocarbine made in Soulage, tout ça pour se fadaresse une poêlée de protozoaires aux bactéries déglacées au sperme d’éphémère ! Il est sympa, Akrame Benallal, avec ses plats qu’il impose, qu’on ne choisit pas (pas de carte à consulter, on subit l’invention very handsome du poireau à la pistache), son concept a little bit street, friendly, muy guapo, assez poil de cul ; mais pour se caler le mobil-home, quitte à manier le cric, on opte pour Bébert le roi du couscous.
Akrame, 19 rue Lauriston, 75016 Paris, 01 45 00 38 31. Menus : 40 €, 75 €, 95 €.

Bon, ahora, compañeros, deux birlots pas prétentiards, histoire de se mettre le yucca en récré et les clochettes au frais. Celui de la terre, le Jockey, genre « hue, popote ! », est non loin du cimetière Montparno, près de Boudard et de Nanard. C’est le truc moderne, fonctionnel, à l’esprit de cercueil qui butine du sapin, mais convivial, comme on dit maintenant. Un bon croque apéro pour commencer, une belle entrecôte de Salers, un sérieux de Grimbergen pour arroser la caisse-claire de Strasbourg, et une crème brûlée pour finir. Voilà le travail. C’est net, copieux (pain Poilâne pour le croque-monsieur), avec un petit air de Conchita qui exécute un flamenco. En plus, amigos, gardez vos Euros, on ne tousse pas des fouillouses.
Le Jockey, 232 boulevard Raspail, 75014 Paris, 01 43 20 64 52. Carte : 40 €.

Au Café des Ministères, bistrot de la mer, style Depardieu place Gaillon, tout pour le poiscaille, on a les quetsches à marée haute. C’est juste en face de l’Assemblée nationale, côté Université, où les bande-à l’aise, de droite comme de gauche, se gobergent la pastèque à nos frais. Moralité, avec les Gillardeau numéro 3, la friture d’encornet, le thon rouge de Sète en carpaccio, la dorade entière, la superbe sole meunière, la crème brûlée et le fondant au chocolat, inutile de mordre l’aquarium du prince de Monaco, les p’tits gars de la marine deviennent des p’tits gars de la narine ! Du goût et de la saveur. C’est bon, rapide, assez inédit dans ce quartier où les brasseries de mauvaise tenue, comme celle qui préside place du Palais Bourbon, avec un Auverploume à sa tête, souriant comme un rabot et aussi gourmet qu’une scie égoïne, pullulent. Sans compter que le pernand-vergelesses à 42 €, bien slipé, michto comme la côte de Beaune, vous graisse la colonne montante quelque chose d’étymologique. Pour couronner l’araignée (de mer), les darons, pas fignards pour un sou, vous bichonnent avec la bénédiction de saint-Pierre (à l’oseille) et de saint-Véran (un saint qui a du corps). On est au beurre.
Le Café des Ministères, 83 rue de l’Université, 75007 Paris, 01 47 05 43 62. Carte : 60 €.

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