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Normal, le pépère Hollande ?

Normal, le pépère Hollande ?

Quand Matthieu Pigasse fait l’éloge d’une anormalité sauce hollandaise.

On dirait que Matthieu Pigasse se prépare à se lancer en politique. Sauf qu’il a laissé sa démago au vestiaire pour envoyer des taquets ! Il est chaud bouillant, comme sur un ring ! Pour l’échauffement, deux ou trois petits rappels en guise d’avertissement au pépère Hollande et ses 50 milliards d’économie à venir, « Chaque pourcentage de PIB de réduction des dépenses publiques se traduit par une montée de la violence mesurée par un indicateur appelé “CHAOS” qui recense le nombre de manifestations antigouvernementales, d’émeutes, de grèves générales, d’assassinats politiques, et de coups d’états ou de tentatives de coups d’états (…) allant même jusqu’à 3 éléments violents par an, lorsque la réduction des dépenses publiques s’élève à plus de 5 % du PIB ». Puis il fait un petit détour pour nous rappeler, que l’Europe décline avec « ses 40 % de richesses mondiales au début du XXe siècle, elle sera de 10 % en 2050, et qu’à cette époque l’Afrique dont la richesse totale sera alors supérieure à celle de l’Europe, et représentera les 2/3 de celles de l’Europe et des États-Unis combinés. » Jusqu’ici, tout va bien, mais quand il affirme que « ce n’est pas la finance qui est responsable de la crise, mais l’effondrement d’un modèle encouragé par les responsables eux-mêmes depuis plusieurs décennies », je me demande s’il ne se foutrait pas un peu de notre gueule, lui qui est justement à la tête de la banque Lazard ?

Pour bien se défouler, il enchaîne avec le pacte de responsabilité et la politique du pépère François qu’il prend comme punching-ball, et il n’y va pas de main morte : « pilotage à vue (…) sans pédagogie ni mise en perspective (…) manque de vision d’ensemble (…) revirements constants (…) amateurisme et improvisation (…) manque d’expérience gouvernementale des équipes en place (…) ni la connaissance, ni la compréhension du monde qui les entoure (…) » BIM ! BAM ! BOUM ! Avant de finir en beauté, il nous offre un petit interlude musical, avec l’évocation du “God Save the Queen” des Sex Pistols, des Clash, Joy Division, mais aussi Cioran, Debord, Nietzsche… que du bon pour nous parler de cette société qu’il juge sans gouvernail : no future ! Si Pigasse en sort vainqueur, c’est bien Hollande qu’il a mis au tapis, « aucune réflexion d’ensemble, aucune politique assumée (…) en 2012 ce n’est pas la gauche qui a gagné, c’est la droite qui a perdu » Et s’il l’a ainsi achevé sur un KO technique, c’est peut-être parce qu’il s’est rappelé que Camus avait écrit « qu’il valait mieux mourir que de vivre à genoux… ». Paix à ton âme, mister Président !
C.M.

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Éloge de l’anormalité, de Matthieu Pigasse, Plon, 200 p., 14,90 €.

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