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Valsez sifflards, c’est vingt-cinq balles par tête !

Valsez sifflards, c’est vingt-cinq balles par tête !

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On se la croque souvent à propos de la Bourgogne, attendu que la région part en quenouille et que la gastro ne vaut plus une broque. Au pied des monts du Beaujolais, Chauffailles, pittoresque patelin au charisme de Bricorama, plutôt blèchard, abrite “L’assiette charolaise”, avec louchébem au rez-de-chaussée et mastic au premier. Il y a le buffet (bon et opulent), la tête de veau, la côte de veau, l’entrecôte XXL, le morceau du charolais… Ici, pas de name-dropping à la noix, c’est direct dans la bavette. Pas de Jacob Delafon pour les goguenots, on se cale les chocottes les doigts dans les dominos. Vous l’avez pigé, les références sont in ze assiette. On jacte pas, on becte. On se remplit la hotte, Tutur et Totor évoquent les avantages du nouveau Massey-Ferguson sur la maïeutique, Mémé la Brionnaise vous envoûte avec ses deux babas qui se gobergent au balcon. Bref, la smala Berchoux règne (papa, maman, la fille, le beau-fils…). Elle vous entortille le coco. Et pour la bigoille, valsez sifflards, c’est vingt-cinq balles par tête, brouille-ménage compris ! La fiesta.

L’Assiette charolaise, 16 rue du 8 mai 45, 71170 Chauffailles. O3 85 26 01 32. Carte : 25 €.

 

A l’île de Ré, l’arrière-saison est propice à la baguenaude, baume au vent, démanilleur au colbac. Où est l’Océan ? C’te bonne blague ! La gisquette qui fourgue du savon, au lait d’ânesse svp, roupionne au marché du Bois-Plage, se fend la prune. L’océan est devant la plage, qu’elle me fait. Très drôle. Non, le restau, que je lui précise. Elle m’explique, on y va. Endroit rupin. Tiré à quatre ardoises. Si le ramage ressemble au plumage… Malheureusement non, c’est du bidonos pour Batave en boxer-short. Bectance mode, minimaliste, mélange langoustine foie gras, le truc zarbi qui vous jardine la pompe à huile. Zut mon perdreau, c’est quoi ce remugle d’estomac sur fond de marais salant ? Passons. La suite est au point, un dos de cabillaud sur le ventre, cuit au poil, avec le domaine Grolet (petit beau ?), très jazz-tango, 14° et chocolaté, pour shampouiner le canon à pisser. Le dessert, là, par contre, un crémeux au chocolat digne de l’entrée, caca d’oie, sans esprit, qui vous glisse entre les touches de piano, gros bémol, vous moisit le clavier. Merde à Vauban ! Comme Ferré, on a la forteresse au créneau. Je charibote. Le prix reste honnête, la prestation est molle. On regarde la mouette de Gaston. Bof, pas de quoi se polir le poilu.

L’Océan, 172 rue Saint Martin, 17580 Le Bois plage, île de Ré. 05 46 09 23 07. Carte : 60 €.

 

Retour à Paris et virons à la Butte aux Cailles, à l’Avant-Goût pour être exact, à quelques mètres d’une source parisienne, eau fraîche et naturelle, idéale pour les maux de tronche. La Bite aux Couilles, comme disait Nanard, un copain qui avait de la repartie, attire la jeunesse. On canonne à fond la caisse dans les troquets, pas de l’eau de source croyez-moi, dans des ruelles qui rappellent Carné, René Clair et “Casque d’or”. Cela dit, à l’Avant-Goût, où officie un ancien de Guérard, mister Beaufront, beau pied bel œil, on vous mitonne un fricot super michto (foie gras, cochon, poisson du marché, pho au goût du chef, pot-au-feu mastard) pour des clopinettes. Le menu-carte à 33 euros est une aubaine. La cariatide à visage de Mona Lisa qui envoie le Richaud sur la table, un cairanne de chez Marcel à vous déboulonner le shitaké, officie en dragon. Bon, le restau existe depuis plus de dix ans, ce n’est pas une découverte, mais si vous vous sentez le cœur Bite aux couilles, pointez-vous du côté de chez Swann, il y a de la croûte de sésame en vue, de l’eau neuve de vos gélules, de la raviole de canard au curcuma du tonnerre. Elle est pas belle, la vie ?

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L’Avant-Goût, 26 rue Bobillot, 75013 Paris.01 53 80 24 00. Menu : 33 €.

 

 

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