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Les desserts du Tatard !

Le Boulba porte son blaze quelque chose de schbeb. Imaginez Chéri-Bibi avec les carreaux de Jean-Pierre Coffe, bide Fichet, crâne peau de miche, costard archi, verbe haut, taille de cuirassier, et voilà le micheton qui radine, Patrice Tatard, prêt à vous souffler dans la chaudière, la pogne expressive et le magnum à portée de saladier. Si on dit magnum, il ne s’agit pas de celui de l’inspecteur Harry et encore moins du père Frappart de Pantagruel, mais d’un flacon de deux fois soixante-quinze centilitres propre à vous emplafonner le sorbet citron, servi d’autor par le cadum d’un quintal, Nuits Saint George, Château Carignan ou Côte Rôtie, comme ti veux ti choises ! La valse commence alors, par ici chipolatas, impossible de bavoter dans le cornichon, l’ogre Patrice vous les brise à la vitesse d’un météore, armé d’un foie gras au top, de ses gros escargots, de l’œuf mayo, du boudin noir au piment, de ses sardines griffées Rodel. Cinq sur cinq, c’est la fête à la bonnetière, une chiée de barbaque vous dévisse la seringue à pois chiches, Jésus Marie ! La chichite à sa mémère, ce n’est pas pour vozigues, voilà les rognons, le paveton, le parmentier, le darrac spirituel, le flageolet philosophique, l’asperge métaphysique ! Fichtre ! L’anguille, ici, n’est pas dans le bénouze, mais sur l’assiette, roborative, solide, à vous enchanter la crédence et les zozores. Les bourses ou le vit ? Niet. La bourse ou la vie, style coquillard ! Et si vous dîtes à Tatard qu’il vous met le plafonnard comme un ballon d’eau chaude, be careful à vos agobilles, le dab allume la radio plein pot et vous recharge le tasseau genre ravalo. Allez, Tatard, on a tout pigé, t’as un grand cœur, ton white spirit façon belliqueux, tu peux te le carrer dans l’Arthur ! Ceci dit, bande de branques, l’adresse est précieuse, rabelaisienne et prisée par les commissaires-priseurs de Drouot.

La Bourse ou la vie, 12 rue Vivienne, 75002 Paris. 01 42 60 08 83. Carte : 40 €.

Dans un autre style, le Market, estanco à la mords-moi-le-nem où s’entassent les lavedus du Huitième arrondissement, nostalgiques de Jean-Georges, de Jean Jeudi, de Popaul, de New York et de Los Angeles, est le vrai truc à la chnoque qui vous enfume le Grand Marnier, histoire de vous expédier la pistache dans le compotier. Chic, stylé, moderne, contemporain, modeux, africain et asia, mais fransquillon pour the bill, le Market est exactement le genre de restau où l’on n’a pas envie d’installer ses rutabagas. Ce n’est pas si mauvais, plutôt acrobatique dans les saveurs, in the mood for love, mais betterave et sans âme. On imagine très bien un gros producteur de SF venir ici se remplir la navette spatiale avec un cheese-cake au curcuma et féliciter Jean-Georges Vongemichten (à tes souhaits !) avec du lait de coco et du galanga en guise de mitraille. La question inévitable, obligado, tombe : t’as les crocs, trou du Luc ? Non, ça va, merci, j’ai déjà rempli le cinquième élément, j’ai du wasabi sur l’artichaut, du combawa sur les valseuses, le radia au max, les bourrelets aux épaules qui trottent, c’est douceur. Vous l’avez saisi, pertinents lecteurs, nous frayons ici avec une tortore qui frétille des noix, pas vraiment nourrissante, intergalactique, avec viande argentine, saumon label rouge, desserts martiens, et service ectoplasmique, vu que les louftingues du Market ont le melon de Cavaillon, la morgue Borniol et la suffisance Gallimard. Maugrebleu !

Market, 15 avenue Matignon, 75008 Paris. 01 56 43 40 90. Menu : 38 €. Carte : 80 €.

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